TBAC FRANCAIS RYTHMES ET CADENCES DE LA VIE MODERNE

 RYTHMES ET CADENCES DE LA VIE MODERNE : 

QUEL TEMPS POUR SOI ?

 
             


Charlie Chaplin : Les temps modernes

 




 

 


Chaplin en chanson (4 mn)

Un jour, un destin : Charlie Chaplin la légende du siècle (1h55)


Film Les temps modernes (1936)

 


 

           La bande annonce (VF)                                                           Film complet




LE TRAVAIL A LA CHAINE

  • C'est quoi le TAYLORISME et le FORDISME ?


  • Le travail à la chaîne a 100 ans (Europe 1, 2 mn)

  • Usine : travaille et tais-toi (4 mn)

  • Le fordisme (5 mn et 1 mn)
 



Salvador Dali : La persistance de la mémoire,

1931, huile sur toile, 33X24.1cm, The Museum of Modern Art, New York.

 Salvador Dali en 3 mn (Beaux Arts Magasine)

Dali en 1 mn Dali en 14 mn ou ici



 

La paranoïa-critique au service de La Persistance de la mémoire

Le ciel crépusculaire de La Persistance de la mémoire est celui d’une plage des alentours de Portlligat, au nord de la Catalogne natale de Salvador Dalí. L’idée de la toile lui vient alors que Gala et des amis sont de sortie au cinéma. Dalí se retrouve seul au milieu d’une cuisine étrangement silencieuse. Son regard se pose soudain sur un camembert, seul lui aussi, au centre de son assiette. Il est mou. Il coule. L’artiste laisse alors son esprit divaguer et a recours à une technique de sa propre création : la paranoïa-critique

Celle-ci se construit en deux étapes diamétralement opposées. Dans un premier temps, Dalí fantasme et autorise ses pensées les plus délirantes à se manifester pour, dans un second temps, les objectifier. Alors, le fromage coulant se transforme en montres à gousset dégoulinantes. Elles témoignent de la fascination de l’artiste pour la temporalité. Dalí peint ses montres par-dessus le paysage qui n’attendait plus qu’elles. La Persistance de la mémoire est née.

Analyse de La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí
Analyse de La Persistance de la mémoire, 1931, Salvador Dalí © Sympa Sympa

Que symbolise La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí ?

La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí plonge le spectateur dans un univers onirique et définitivement étrangesurfaces dures et molles se partagent l’affiche. L’œuvre est déconcertante car elle oppose le surréalisme au réel. Elle questionne le caractère inéluctable du temps et concrétise l’obsession de l’artiste pour sa symbolique. Sommes-nous à sa merci ? Une chose est sûre, le temps passe mais laisse derrière lui des souvenirs ; la mémoire persisteLe tableau peut être décomposé en différents éléments, numérotés dans l’image ci-dessus.

  1. Les montres molles symbolisent le temps, qui est relatif, en mouvement. Comme dans nos rêves, passé, présent et futur cohabitent et fonctionnent en synergie. Chacune posée sur une surface différente, elles représentent ces trois temporalités. 
  2. La montre orange ne fond pas. Elle fait écho au temps qui passe, alors qu’elle est retournée et recouverte par des fourmis. 
  3. Les fourmis envahissent la montre solide et symbolisent la décomposition, la mort. Le peintre fait ce rapprochement enfant lorsqu’il observe des fourmis grouiller sur le cadavre d’une chauve-souris.
  4. La mouche symbolise le temps qui s’envole et qui passe
  5. Le drôle d’objet ou le personnage qui gît par terre pourrait représenter le peintre ou le monde intérieur et son onirisme
  6. Le miroir incarne l’inconstance. Il reflète la réalité tout comme l’imaginaire.
  7. L’olivier, symbole de sagesse, est sec, mort. C’est un signe du passé.
  8. La plage est déserte et le sol semble dur. La rive représente le vide émotionnel que ressent le peintre.
  9. La mer lumineuse symbolise la mémoire et le monde réel, immuable. Elle contraste avec le premier plan sombre qui fait écho à un monde imaginaire et accablant. 
  10. Les montagnes sont ancrées dans le sol comme dans le passé. Elles composent le paysage de l’enfance du peintre catalan.
  11. L’œuf est synonyme de naissance et donc de renouveau.


LES HAÏKUS

 

 

SLOW MOTION


 

 




FILM MICROCOSMOS



Microcosmos : Le Peuple de l'herbe est un film français de 1996 consacré aux petites bêtes (notamment aux insectes, mais pas uniquement). Il est filmé à l'aide de caméras macro spécialement créées pour l'occasion. Microcosmos est considéré comme le documentaire le plus novateur fait sur les insectes, récompensé par de nombreux Césars.

 

 

 

Avant même de commencer le tournage, il a été nécessaire d'inventer des outils sur mesure pour filmer les « personnages » du film, les insectes, comme sont filmés les acteurs dans les films de fiction : pouvoir accompagner leurs actions avec des travellings, mouvements de grue et autres panoramiques, de façon à leur donner la stature de véritables protagonistes. Après deux ans d'efforts, un « motion control » (robot commandant à distance tous les mouvements de caméra) a pu être opérationnel, grâce au spécialiste des moteurs pas à pas Romano Prada. C'est une grosse caméra 35 mm guidée du bout des doigts avec une précision au dixième de millimètre et sans vibrations. Cette machine de 300 kilos fut accrochée au plafond en béton du studio de prises de vues, construit spécialement pour le film dans un petit village du Causse Comtal, au-dessus d'une prairie reconstituée. Plus des trois quarts du film ont été ainsi filmés en studio, mais un studio situé en plein champ dans une prairie de l'Aveyron. Presque chaque scène du film est un mélange de plans tournés en extérieur, tout autour du studio et de plans effectués à l'aide du « motion control »3.

L'univers sonore du film est un mélange entre des sons réels, captés sur le terrain avec des microphones spéciaux, et des sons créés par le « sound designer » et monteur son Laurent Quaglio, lors du montage du film. Les bruits d'insectes les plus faibles ou les plus difficiles à capter ont été enregistrés individuellement dans une chambre anéchoïque de l'INRA puis retravaillés. Après discussion avec les réalisateurs. Bruno Coulaiscompositeur de la musique, a travaillé en concertation étroite avec le monteur son de telle sorte que, souvent, on ne sait pas si les sons entendus sont dus à des instruments de musique ou aux insectes3.

Microcosmos a nécessité deux ans d'écriture pour le scénario, deux ans de préparation, trois ans de tournage et neuf mois de montage et mixage.

La critique Télérama

Genre : promenade bucolique.

Des chenilles cherchent où faire leur mue. Une araignée collecte des bulles d'air à la surface d'un étang pour construire sa « cloche à plongeur »... Quand les deux scientifiques-cinéastes Claude Nuridsany et Marie Pérennou se penchent sur « le petit peuple de l'herbe », on débarque sur une planète inconnue, peuplée de créatures étranges. Jamais l'aventure quotidienne de ces « personnages » n'avait été filmée ainsi : ni leçon de choses ni document scientifique, Microcosmos (un succès exceptionnel dans le monde entier) est d'abord une invitation au spectacle.

En supprimant tout commentaire, les auteurs font surgir une foule d'images venues d'ailleurs. C'est-à-dire... de tout près, dans le champ d'à côté. Ils n'expliquent pas, ils montrent. Mais ils ne se contentent pas d'enregistrer la réalité, ils la mettent en scène. Ils filment les insectes comme des acteurs. D'étonnants mouvements d'appareil collent aux personnages dans leurs déplacements les plus complexes, comme si un cadreur miniaturisé avait travaillé caméra à l'épaule. Epatant ! — Bernard Génin


Autres critiques : Dragonfly   et ici

La beauté de la croissance lente d'une plante grace au timelapse : 


  


ELOGE DE LA LENTEUR




 
          Bongiraud

 






















2BAC Cinéma : La nuit du 12

LA NUIT DU 12

Lycéens au cinéma dossier

                                                 Bande Originale



  • Synopsys
À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan c’est le meurtre de Clara. Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas, et les doutes de Yohan ne cessent de grandir. Une seule chose est certaine, le crime a eu lieu la nuit du 12.

Yohan Vivés et son équipe de la police judiciaire de Grenoble enquêtent sur le meurtre d'une femme aspergée d'essence et incendiée alors qu'elle rentrait chez elle après une fête. Yohan enquête sur l'ex-partenaire de la femme et apprend que les relations étaient principalement caractérisées par le ressentiment et les revendications de propriété et que les motifs sont variés. Plus Yohan creuse dans le passé de la femme, plus les abîmes s'ouvrent et l'enquête devient de plus en plus une obsession.

  • Interview B. Bouillon & D. Moll

  • 6 césars et un discours radical

  • Explication de film
  • Critiques du film

             



La Nuit du 12”, un thriller suffocant mais salutaire

TTT Très Bien

Pourquoi Clara a-t-elle été brûlée vive ? Ce féminicide atroce dévore de l’intérieur son enquêteur, Yohan… Un récit d’une noirceur salutaire.


Qui a tué Clara ? Où, quand, comment, on le sait déjà : elle a été brûlée vive, une nuit, dans une rue de la région grenobloise. Alors, qui ? À cette question, Yohan, l’inspecteur de la police judiciaire chargé de l’enquête, n’aura jamais de réponse. On ne divulgâche rien en écrivant que La Nuit du 12 est un thriller sans coupable. Le film lui-même l’annonce dès l’ouverture, avec un carton précisant qu’environ 20 % des enquêtes criminelles menées par la PJ en France restent irrésolues. L’histoire du film, tirée d’un fait divers, est de celles-ci.

C’est l’une des plus belles audaces de Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, Seules les bêtes) et de son coscénariste, Gilles Marchand, que d’assumer d’emblée leur film pour ce qu’il est. Non pas un polar tendu vers la résolution d’une énigme et la révélation de l’identité de l’assassin — au fil des interrogatoires de police, tous les amants de passage de Clara s’avéreront capables de l’avoir tuée — mais la recherche, sombre et tourmentée, du mobile du crime. Pourquoi ? Pourquoi tuer, qui plus est d’une façon aussi atroce, une jeune fille heureuse de vivre, de séduire, d’aimer ? La question tourne en boucle dans le cerveau de Yohan comme lui, chaque soir, tourne en rond sur la piste du vélodrome.


L’horreur du féminicide ruine progressivement la santé mentale de ce chef d’équipe taciturne et rigoureux tout en le forçant à changer de prisme. Comme lors de cette scène décisive et poignante, au mitan du film : l’enquêteur interroge la meilleure amie de Clara sur les relations sexuelles de cette dernière. La réaction de la jeune fille l’ébranle profondément, l’obligeant soudain à prendre conscience des ambiguïtés de son point de vue masculin. Plus tard, c’est encore une femme, une jeune collègue cette fois, qui, en une phrase, fera vaciller d’autres certitudes. À commencer par la neutralité de sa position, celle d’un homme chargé d’arrêter d’autres hommes, coupables de violences sur des femmes.

Fusion du réalisme et de l’imaginaire

Allant bien au-delà de sa dimension de thriller psychologique, attaché à dépeindre avec une grande justesse la mécanique de l’obsession, le film dresse par petites touches le constat désespérant d’une police et d’une justice au fonctionnement constamment entravé. Faire marcher l’imprimante de la PJ ou obtenir le budget d’une mise sur écoute sont autant de micro-calvaires quotidiens. Épuisants. Yohan et ses coéquipiers se retrouvent au chevet d’un service public que les coupes budgétaires successives ont rendu inapte à prendre en charge ce genre d’affaires. Dans ce système perverti, les bonnes volontés ne suffisent pas. Le manque de moyens et la surreprésentation masculine semblent se liguer pour que s’impose naturellement la conclusion suivante : si les femmes sont tuées, c’est peut-être, finalement, un peu de leur faute.

En s’inspirant du livre 18.3. Une année à la PJ, une enquête très documentée de la romancière Pauline Guéna, le cinéaste et son scénariste ont tablé sur la fusion du réalisme et de l’imaginaire. Et évité le piège du film à sujet. C’est précisément parce que les personnages ne sont jamais instrumentalisés ni dévitalisés que La Nuit du 12 touche aussi fort. Servi par Bastien Bouillon, enfin au premier plan, mais aussi par de magnifiques figures féminines (dont la juge, interprétée par Anouk Grinberg dans l’un de ses plus beaux rôles), le récit coule, noir et pénétrant. Suffocant mais salutaire.


Mathilde Blottière